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Golden Valley – Gaël Aymon

« Lorsqu’il débarque à l’aéroport de Yangon en Birmanie, Maximilien est accablé par la chaleur et l’ennui. Rejoindre ses parents expatriés dans le quartier chic de Golden Valley n’est pas le programme dont il avait rêvé cet été-là. Mais quand Max rencontre Dolly dans une soirée de la jeunesse dorée, c’est le choc. elle a vingt ans, elle est belle, brillante, follement attirante. Leur complicité charnelle est une révélation qui en annonce bien d’autres. Car Dolly est aussi la fille d’un riche industriel birman, associé au père de Max dans la construction d’un barrage hydraulique… »

Gaël Aymon n’était pas un inconnu dans mon univers littéraire. Son conte Perce-Neige et les Trois Ogresses m’avait déjà terriblement plu, Oublier Camille également. Alors lorsque Gloden Valley est sorti en septembre dernier, il devenait une évidence de le lire. Lire n’est pas le terme le plus approprié, dévorer serait plus juste.

Golden Valley, c’est l’histoire d’un « gosse de riche », comme il se définit lui-même, car le roman est un roman à la première personne. Après un an passé en pension en Angleterre, le jeune Maximilien, passionné de natation, retrouve ses parents partis vivre en Birmanie pour y faire des affaires, dans un pays qui s’ouvre au monde après des années de dictature militaire. Un pays qui s’ouvre peu à peu, mais où les années d’autoritarisme ont laissé une société profondément divisée entre un peuple vivant dans la pauvreté et une caste dirigeante vivant dans l’opulence. Maximilien les rejoint dans le quartier de Golden Valley, quartier aux villas sécurisées, loin de la réalité du peuple birman. Très rapidement, il va se lier avec quelques adolescents du même âge, de la même condition sociale, notamment le jeune Brandon, et sa sœur Dolly. Instantanément, le jeune homme va tomber amoureux de la jeune birmane, ne se préoccupant que peu des coutumes locales peu enclin à voir un jeune européen fréquenter une des leurs.

Dolly est une jeune fille mystérieuse, bien moins enfermée dans les conventions, que peut l’être son jeune frère. Il existe deux facettes chez elles, la jeune fille qui entre dans le moule et celle qui aide et accompagne un petit groupe d’activistes qui se battent contre un projet de barrage hydraulique, ce même barrage dont sont en charge le père de Maximilien et ses associés, dont le père de Dolly et Brandon.

L’idylle en marche entre les deux adolescents va bousculer Maximilien, le faire descendre de son piédestal, de sa condition dorée. Le gosse de riche va se confronter à la dure réalité du peuple, des arrangements entre amis, des dérives d’un système corrompu où l’argent et le pouvoir sont maîtres.

Gaël Aymon ne s’arrête pas à la seule idylle entre adolescents de milieux différents, même si leurs conditions sociales pourraient les faire se rapprocher. Une sorte de Roméo et Juliette délocalisée. Non, on va plus loin, on entre avec Maximilien en Birmanie, on quitte Golden Valley, on se confronte à cette réalité, aux petites rues, à la pauvreté qui sévit, aux injustices, au racisme aussi, à la suffisance des Européens. La narration documentée nous invite au voyage, à sortir des sentiers battus, à nous questionner sur les soi-disant bien fait de la mondialisation. Justement et progressivement, on se révolte comme se révolte Maximilien, jusqu’au point de rupture. Mais je vais m’arrêter là, je ne voudrais pas tout vous dire.

Golden Valley est un livre à la puissance qui ne laisse pas indifférent. Il bouscule à juste titre, nous invite à voir une autre réalité, à nous questionner, bien au-delà des paysages de cartes postales. Je ne saurais que vous en recommander vivement la lecture.

Le thé qui va avec : Ce livre qui nous empli de saveurs d’Asie, me fait pencher pour un thé Earl Grey.

Le son qui va avec : Les mots « adolescent » et « révolte » me font instantanément penser à un groupe avec lequel ceux de ma génération ont certainement grandi un peu. Pour ma part beaucoup et toujours. Je veux parler de Nirvana et de son Smells Like Teen Spirit, extrait de l’excellent Nervermind. Dans quelques jours, il y aura tout juste 23 ans, déjà, que Kurt Cobain nous a quitté…

Golden Valley de Gaël Aymon – publié aux éditions Gallimard, collection Scripto. À partir de 14 ans.

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